Les secrets de Boss de Myriam CM

Chez C’est Qui La Boss ?, nous avons reçu Myriam CM, la fondatrice de Curly Mood, une marque née d’un problème très personnel : trouver des produits adaptés à ses cheveux bouclés. Au cours de notre échange, elle revient sur les débuts de Curly Mood, le manque de moyens, les premiers échecs, l’importance de la communauté et les choix qu’il faut parfois faire pour faire grandir son entreprise.

Faites de ce qui vous complexe une force

Pour Myriam CM, ce qui nous complexe peut aussi devenir ce qui nous rend uniques. Longtemps complexée par ses cheveux bouclés, elle a finalement appris à les accepter et à en faire une partie de son identité.

« Pendant longtemps, je voulais avoir les cheveux lisses, je ne voulais pas qu’on voie une boucle. On me disait “mouton”, “caniche”, que j’étais pas coiffée… Et au fur et à mesure, j’ai compris que mes cheveux faisaient partie de mon identité. Quand j’ai commencé à les accepter, je me suis sentie beaucoup plus forte. Donc, juste accepte les critiques. Et puis, ça va devenir ta force, tout simplement. »

Les complexes peuvent facilement nous pousser à vouloir rentrer dans une norme. Pourtant, apprendre à accepter ce qui nous différencie peut aussi permettre de reprendre confiance et de mieux comprendre ce qui fait notre singularité.

Transformez un problème en idée

Lorsqu’un problème revient régulièrement, on cherche souvent simplement à s’en débarrasser. Mais et s’il pouvait aussi devenir le point de départ d’une solution ? C’est en cherchant des produits adaptés à ses cheveux que Myriam commence à fabriquer les siens.

« Je faisais mes mélanges moi-même. J’allais acheter mes huiles, mes produits, je regardais les ingrédients et je testais. Au début, c’était parfois trop liquide, pas très joli… Mais je recommençais. Et je pense que c’est ça qui est important : quand vous rencontrez un problème que vous vivez vous-même, demandez-vous s’il n’y a pas aussi d’autres personnes qui cherchent une solution. Ça peut être le début d’une vraie idée. »

Un besoin personnel peut donc révéler un besoin collectif. Avant de chercher l’idée parfaite, il peut être utile d’observer les difficultés que l’on rencontre soi-même et de se demander comment les résoudre.

N’attendez pas d’avoir tous les moyens pour commencer

Le manque de ressources est souvent l’une des premières raisons qui nous empêchent de nous lancer. Pourtant, un projet peut commencer à très petite échelle, avec les moyens dont on dispose.

« J’avais 500 euros de salaire et je mettais tout de côté pour investir dans Curly Mood. Je prenais parfois seulement 10 ou 20 produits. Je voulais vraiment que ça devienne quelque chose de grand. »

Commencer petit permet surtout de tester son idée avant de vouloir la développer à grande échelle. Quelques premiers essais peuvent déjà permettre de recueillir des retours, de comprendre ce qui fonctionne et de savoir où investir ensuite.

Ne laissez pas un mauvais départ décider de la suite

Une idée qui ne fonctionne pas immédiatement n’est pas forcément une mauvaise idée.

« Au début, ça ne marchait pas du tout. C’était vraiment un flop total. Je n’avais pas de budget pour communiquer. Alors j’ajoutais des filles sur Snapchat, je faisais une story privée, je discutais avec elles, je donnais des conseils sur les cheveux, je leur montrais mes crèmes. Et petit à petit, elles ont commencé à me demander : “S’il te plaît, tu peux m’envoyer ta crème ?” »

Quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut parfois changer la méthode plutôt que l’objectif.

Concentrez-vous sur ce qui fonctionne vraiment

Vouloir tout faire en même temps peut rapidement devenir un frein. Savoir avancer, c’est aussi savoir où placer son énergie.

« Il faut savoir regarder ce qui fonctionne vraiment et lui donner toute son énergie. Pour moi, c’était Curly Mood. Donc j’ai arrêté mes études pour me concentrer sur la marque. »

Dans un projet professionnel comme dans un projet personnel, faire le tri permet de consacrer davantage de temps à ce qui compte réellement.

Faites évoluer votre idée avec les besoins des autres

Une fois qu’un projet trouve son public, le défi consiste aussi à ne pas rester figé sur son idée de départ.

« J’ai toujours envie de créer des produits qu’on ne voit pas ailleurs, mais surtout des produits qui marchent. Des petits détails peuvent vraiment changer la façon dont on se sent. Les sourcils, les taches de rousseur, le mascara… Ce sont parfois des petites choses, mais ça peut faire partie de votre identité et vous faire sentir plus jolie. »

Pour Myriam, cette évolution permet notamment d’aller au-delà du seul soin des cheveux et de continuer à répondre à ce que les femmes viennent chercher.

« Des filles sont venues me dire qu’elles avaient commencé à assumer leurs cheveux grâce à Curly Mood. Et ça, pour moi, c’est le plus important. Parce que j’ai moi-même eu du mal à accepter mes cheveux. Aujourd’hui, voir des filles qui les assument, qui se sentent belles avec, c’est vraiment le but de Curly Mood. »

Partir d’un problème, chercher une solution, tester, écouter et ajuster : c’est parfois tout ce qu’il faut pour transformer une difficulté en véritable point de départ.

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