Lorsqu’on parle de progression de carrière, une idée préconçue s’impose souvent : l’avancement se traduit par l’encadrement d’une équipe. Devenir manager, c’est un incontournable au bout de quelques années d’expérience dans le monde du travail. Sauf que cette vision n’est ni universelle ni adaptée à tout le monde. Fondamentalement, c’est encore une croyance qu’il faut éliminer, parce que non, tout le monde n’est pas faire pour être manager. Pire, parfois, ça peut nous rendre malheureux dans un job qui nous correspondait jusqu’alors.

Pour commencer, pourquoi promotion rime avec management ?
Dans de nombreuses organisations, l’idée que « grandir » dans sa carrière signifie inévitablement « diriger » une équipe est omniprésente. Cela découle de plusieurs raisons historiques et culturelles.
D’abord parce que dans les structures d’entreprise traditionnelles, les chemins de progression sont souvent verticaux. Après quelques années dans un job, la suite logique est de gravir un échelon, donc de prendre des responsabilités, et le plus souvent, manager. Pire : il n’existe que peut d’alternatives à ce schéma. L’avancement horizontal, où les employés deviennent plus spécialisés dans leur domaine, sans pour autant monter d’un grade hiérarchique, est beaucoup moins répandu et reconnu socialement. Dans la plupart des cas, refuser de prendre des fonctions managériales signifie le plus souvent que votre carrière va stagner, voire que vous allez être mis au placard.

Et puis, le management est souvent perçu comme une preuve de succès professionnel. Ne nous mentons pas : vous aussi, vous avez été fière quand on vous a annoncé que vous pourriez recruter un ou une stagiaire pour la première fois. C’est normal. Être manager est devenu le symbole ultime de la réussite. C’est pour ça qu’on accepte souvent des promotions qui ne correspondent pas forcément à nos aspirations professionnelles.
Tout le monde n’est pas fait pour le management
Le management c’est une compétence en soi. Et comme toute compétence, elle ne convient pas à tout le monde. Bien qu’il existe des formations pour devenir un bon leader, certaines personnes ne trouvent tout simplement pas de satisfaction ou d’épanouissement dans cette voie.
Déjà, il y a une chose à clarifier : être excellent dans son métier ne signifie pas que l’on sera un bon manager. Les compétences techniques qui permettent de briller dans son rôle ne sont pas toujours les mêmes que celles requises pour bien gérer une équipe. Gérer des personnes, leurs dynamiques, leurs besoins et leurs conflits demande une tout autre approche et des compétences bien précises. En plus, le rôle de manager implique de nombreuses responsabilités émotionnelles et interpersonnelles. Il faut souvent jongler avec les attentes des membres de l’équipe, prendre des décisions difficiles et gérer des conflits. Ces aspects du management peuvent être épuisants pour ceux qui n’ont pas une appétence naturelle pour le leadership, et dans de nombreux cas, cela peut mener à une forte pression ou même à un burn-out.

Pour beaucoup de personnes dans des carrières techniques ou créatives, la gestion d’équipe peut éloigner de ce qui nous passionne dans notre job. Passer de l’expertise à la gestion d’équipe peut créer une frustration et l’impression de ne plus bien faire son travail. Pire, certains, par manque d’activité opérationnelle, vont même jusque micromanager leurs équipes, non pas par manque de confiance, mais par manque de tâches opérationnelles.
Comment on fait si on n’aime pas manager ?
Ne pas vouloir manager d’équipes, c’est ok. Mais ça ne doit pas être un frein pour votre carrière. Et comme vous sortirez forcément (un peu) de la norme, ça vous demande d’être proactifs et d’identifier vous-mêmes des pistes de progression. On vous a listé quelques manières d’avancer dans votre carrière, sans prendre en charge une équipe.
Se former et obtenir des certifications : un excellent moyen de progresser dans sa carrière sans devenir manager, c’est de se former et d’acquérir de nouvelles compétences. Ces formations permettent de rester à jour dans votre domaine et d’ouvrir de nouvelles perspectives de carrière sans passer par un rôle managérial. De plus, en devenant une référence dans votre domaine grâce à ces compétences, vous pouvez influencer les décisions de l’entreprise de manière significative.

Demander des promotions sur des projets spécifiques : une autre stratégie est de rechercher des promotions liées à des projets plutôt qu’à des équipes. Par exemple, vous pourriez proposer de diriger un projet particulier dans votre entreprise, ou de prendre en charge des fonctions transverses pour élargir votre portefeuille d’action. Cela vous permet de développer vos compétences tout en restant dans votre domaine de prédilection.
Demander des augmentations basées sur votre expertise : dans certains secteurs, les experts techniques ou créatifs sont souvent mieux rémunérés que les managers, en raison de la rareté de leurs compétences. N’hésitez pas à négocier des augmentations basées sur la valeur que vous apportez en tant qu’expert. C’est un pue plus compliqué que dans le cadre de promotions linéaires. Donc pour préparer votre demande, on vous conseille de bien documenter vos réalisations pour mettre en avant la rareté de vos compétences en comparant votre salaire à celui d’une consultante sur le même job.