Depuis la grossesse de Rihanna en 2022, un vent de fraîcheur souffle sur la maternité : les corps des femmes enceintes sont plus exposés, les discours plus francs, et une nouvelle histoire se raconte. Et franchement, on adore.
Chaque génération réinvente le récit de la maternité
Et chaque génération remet en question les codes de la maternité existants : nous sommes passés d’une maternité essentielle et rigide dans les années 1950, à un vent de liberté et aux choix du timing dans les années 1960 et 1970 à la maternité des working girls qui investissaient pour la première fois le monde du travail.

Dans les années 90, Demi Moore marque un tournant en posant nue et enceinte en couverture de Vanity Fair. L’image est iconique : une silhouette parfaite et une grossesse glamour. Mais derrière cet esthétisme épuré, une réalité simplifiée à l’extrême. On parle d’une maternité « idéale » : sans complexité, sans défis, et surtout sans impacts durables sur le corps ou l’esprit. Dans la lignée des années 1980, on devenait mère comme on enfilait un costume, avant de reprendre boulot et l’aérobic comme si de rien n’était.
Puis en 2012, Kim Kardashian prend le contrepied total. Maîtresse incontestée de son image, elle expose pourtant une grossesse loin d’être parfaite. Ce n’était surement pas un choix totalement maîtrisé, mais elle marque la pop culture en le faisant. Dans L’Incroyable famille Kardashian, elle partage des détails crus : complications médicales, inconforts incessants, et un profond mal-être face aux transformations de son corps. C’est la première fois qu’une célébrité de sa stature dit haut et fort qu’elle a détesté être enceinte. Kim brise un tabou et ouvre la voie à un discours plus honnête sur la maternité.

Ces exemples montrent que le rapport de la société à la maternité a longtemps été teinté d’une misogynie latente. Ces attentes rigides autour du corps féminin, qui sert uniquement à procréer, sont une constante à laquelle les femmes tentent encore d’échapper.
Pourquoi le corps des femmes enceintes ne leur appartient pas ?
Le contrôle sociétal exercé sur le corps des femmes enceintes est omniprésent. Rien qu’en début d’année, Molly Baz en a fait les frais. Cette cheffe et influenceuse a vu une de ses publicité pour des biscuits d’allaitement censurée sur Time’s Square parce qu’elle posait enceinte, en lingerie. Pourtant, les affiches de Victoria’s Secret, avec leurs mannequins en sous-vêtements, ne suscitent aucune polémique. Deux poids, deux mesures et une restriction des corps de femmes enceintes. Heureusement, quelques mois plus tard, elle posera sur les boîtes de cornflakes, enceinte. Il y a quelques semaines, elle était de retour sur Time’s Square, en train d’allaiter fièrement pour promouvoir une marque de lait infantile.

Ce genre de réactions illustre la surveillance constante qu’on place sur les grossesses : on dicte aux femmes enceintes ce qu’elles peuvent faire, manger, ou même porter. Et parfois, ça va jusqu’à leur imposer des interactions physiques non sollicitées. Qui n’a jamais vu une main étrangère se poser sur un ventre rond dans les transports en commun ? Ces intrusions sont la manifestation la plus flagrante d’un corps qui cesse d’appartenir à la femme qui le porte. Ce contrôle est une réalité que beaucoup de femmes vivent comme une agression quotidienne. La bonne nouvelle, c’est que les millennials refusent de se soumettre à des diktats dépassés.
Tout change dans la maternité, de la mode à la conversation autour des grossesses
La nouvelle génération rejette l’idéal de la « jolie grossesse discrète ». Inspirée par des figures comme Rihanna, qui a affiché fièrement son baby bump dans des tenues avant-gardistes, ces femmes célèbrent la maternité avec audace et authenticité. Exit les robes Liberty et les vêtements qui dissimulent, bienvenue aux combinaisons moulantes et aux chemises ouvertes sur le ventre.

Sofia Richie, qui assume avoir pris 31 kg pendant sa grossesse, et Hailey Bieber, qui exhibe son ventre rond sans complexe, incarnent ce renouveau. Ce n’est plus une question de dissimuler, mais de revendiquer chaque étape de ce moment de vie. Et cette liberté d’expression ne s’arrête pas à la grossesse. Une fois devenues mères, les millennials refusent de faire les compromis qui étaient la norme pour les générations précédentes. Julia Fox et Emily Ratajkowski, deux mères célibataires, montrent qu’il est possible de jongler entre dîners mondains et maternité. Elles revendiquent un équilibre où la parentalité ne fait pas disparaître leurs aspirations personnelles.
Si les mères millennials redéfinissent la maternité, c’est aussi parce que les mentalités évoluent sur d’autres fronts. Elles ne considèrent plus que leur épanouissement dépend uniquement de la parentalité. Contrairement à la génération X, qui combinait travail et charge mentale sans se plaindre, elles revendiquent un partage plus équitable. La santé mentale, longtemps ignorée, est désormais au cœur des discussions. Les conversations sur la dépression post-partum et la pression sociale associée à la maternité se libèrent. Cette prise de conscience collective aide les mères à mieux s’épanouir sans culpabilité.

Le rôle des pères évolue également, même si on est encore loin d’un partage égal. Aujourd’hui, ils participent davantage à l’éducation des enfants et aux tâches ménagères, offrant ainsi un équilibre que les générations précédentes n’auraient pas imaginé. Mais soyons honnêtes, il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre une vraie parité.
Et le mieux, c’est que la Gen Z ira probablement plus loin
La génération Z ne fait rien comme les autres, et la maternité ne fait pas exception. Leur réappropriation du terme « mother » en dit long. Dans leur vocabulaire, être une « mother » ne signifie pas seulement avoir des enfants. Cela désigne aussi des femmes puissantes, inspirantes, qui redéfinissent les règles du jeu. Lady Gaga, Taylor Swift ou encore RuPaul sont les icônes de cette maternité symbolique. Elles incarnent une puissance créative, une résilience et une capacité à se réinventer que la Gen Z vénère. Ce glissement sémantique montre que, pour cette génération, être une « mother » n’est pas qu’une question de biologie : c’est une question d’inspiration et de transformation.
On peut rêver, peut-être, que cette génération inventera un monde où le corps des femmes enceintes n’appartiendra qu’à elles-mêmes. Mais en attendant, on savoure déjà les changements initiés par les millennials et toutes les nouvelles histoires qu’elles racontent.