Chez C’est Qui La Boss ?, nous avons reçu en interview Jade Maa, coach en développement personnel et créatrice de contenu.
Avant de se lancer sur les réseaux sociaux, Jade accompagnait déjà des personnes en coaching. Aujourd’hui, elle partage ses réflexions autour de la confiance en soi, des relations et du rapport aux autres. Au cours de notre échange, elle revient sur la peur, la légitimité, les conseils que l’on reçoit et la manière de reprendre le contrôle de sa vie professionnelle.
Ne laissez pas la peur décider à votre place
Pour Jade, la peur n’est pas forcément le signe qu’une décision est mauvaise. Elle peut simplement signaler que l’on s’apprête à sortir de ce que l’on connaît.
« Il faut redéfinir sa notion de la peur. Dès qu’on a peur de quelque chose, ça ne veut pas dire qu’on va faire quelque chose de mal. Ça peut simplement vouloir dire qu’on va faire quelque chose de différent, qu’on n’a pas l’habitude de faire.»
Aujourd’hui, ce qui me guide dans ma vie, c’est de me dire : “Fais-le quand même.” Si c’est en adéquation avec tes valeurs, avec tes principes et que tu n’as pas la sensation d’aller au détriment de toi, fais-le quand même. Indépendamment des doutes, indépendamment de la peur. »
Jade applique aussi cette philosophie lorsqu’elle doute de sa propre légitimité.
« Tous les jours, on doute de soi. Parfois, on se demande pourquoi ce qu’on a à dire serait plus intéressant que celui de quelqu’un d’autre. Moi, j’imagine ça comme une stéréo dans la tête : parfois, le volume est très fort, parfois beaucoup moins. Et pour les jours où le son est trop fort, faites-le quand même. Il n’y a pas de formule magique : la confiance vient en faisant les choses. »
Apprenez à vous connaître avant de demander conseil
Avant de chercher la validation ou les réponses chez les autres, Jade conseille de revenir à soi et de mieux comprendre ce qui nous anime.
« Je pense qu’il faut se demander : “Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce pour quoi je suis naturellement douée ? Qu’est-ce que les gens retiennent de moi ? Et qu’est-ce qu’ils apprécient chez moi ?”
Déjà, si on se pose ces questions-là, on peut commencer à avoir des pistes. »
Pour elle, apprendre à s’écouter demande du temps, surtout lorsque l’on a pris l’habitude de suivre les attentes des autres.
« On est tous dans notre petite bulle. On ne peut jamais être l’autre personne. Donc c’est bien de prendre des idées et des conseils un peu partout, mais à la fin de la journée, il faut se demander : qu’est-ce que moi, j’ai vraiment envie de faire ? Pourquoi je le fais ? Est-ce que je le fais par peur, par envie, par amour, ou parce que je suis guidée par des croyances limitantes ?
Il faut commencer à se poser des questions sur soi pour arriver petit à petit au stade où notre intuition va suffire. »
Reprenez le contrôle de votre carrière en faisant le tri
Pour une femme qui souhaite reprendre la main sur sa vie professionnelle, Jade propose un exercice très concret : prendre une feuille et mettre noir sur blanc ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne plus.
« Si une femme n’a que 24 heures pour reprendre le contrôle de sa carrière, moi je dirais qu’elle se met au calme dans une pièce où il n’y a personne, elle prend une feuille et un stylo et tire un trait au milieu.
D’un côté, elle liste toutes les choses positives qui font qu’elle est là. De l’autre, toutes les choses qui ne lui plaisent pas dans son travail. Ensuite, elle définit ses besoins et fixe ses limites. Elle regarde si les choses négatives vont au détriment de ses besoins et de ses limites. Si c’est le cas, il va falloir faire un choix. »
Car pour Jade, reprendre le contrôle implique aussi d’accepter que certaines décisions demandent de renoncer à autre chose.
« Il va falloir passer à la caisse, il faut payer. Tout a un prix, la paix a un prix. Donc, on ne pourra pas tout avoir.
Le plus important, c’est de se demander : “Qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Qu’est-ce que je mets tout en haut de ma pyramide ?” Il y a des choses qu’on va devoir laisser partir. On ne pourra pas gagner à tous les coups. »
Ne faites pas des conseils des autres une vérité
Jade estime que les conseils que l’on reçoit sont toujours influencés par le vécu et les expériences de la personne qui les donne.
« Il y a deux raisons pour lesquelles on doit parler aux autres quand on a besoin d’un conseil : soit la personne va apporter une solution directe à notre problème, soit elle va nous apporter du réconfort. Si ce n’est pas pour l’une de ces deux raisons, parfois, parler aux gens fait plus de mal que de bien. »
« Les gens nous rencontrent à la hauteur à laquelle ils se sont rencontrés eux-mêmes. Donc parfois, quand on va chercher des conseils aux autres, on se confronte à qui ils sont. La personne qui sait le mieux pour vous, à la fin de la journée, c’est vous. »
Apprenez à recevoir les critiques sans les faire vôtres
Plutôt que d’intérioriser immédiatement une remarque qui nous blesse, Jade conseille de questionner la personne qui l’a formulée.
« Quand une personne vous dit quelque chose et que vous n’êtes pas d’accord, ou que ça vient chercher quelque chose en vous qui vous fait mal, demandez-lui : “Pourquoi est-ce que tu penses ça ?”. Quand on pose des questions aux gens, on sort de son interprétation et ça devient la responsabilité de l’autre. Parce qu’à la fin de la journée, les mots qui sortent de la bouche des gens, même s’ils vous concernent, ça leur appartient. »
Cette prise de distance rejoint une idée qu’elle répète régulièrement : « Plus jamais sans moi. »
« Je travaille beaucoup sur cette notion de laisser partir les choses ou les gens qui n’ont pas envie de rester dans notre vie ou qui ne doivent pas y rester. La résilience, ce n’est pas dire “je verrouille tout”. C’est plutôt laisser partir les choses et accepter d’avoir mal.
On a un petit peu diabolisé la douleur, alors que la douleur fait intrinsèquement partie de nous. Et surtout, ne plus s’oublier. Plus jamais sans moi. On peut tout faire, tant que ce n’est pas au détriment de nous. »
Pour Jade, apprendre à avancer, c’est donc aussi accepter de ne pas porter seul le poids des attentes, des critiques ou des projections des autres.
« Rien ne m’est dû, mais je ne dois rien non plus. Ça nous retire un poids des épaules. Ça fait du bien de se dire qu’on n’a pas la responsabilité du monde sur les épaules et qu’on fait du mieux qu’on peut avec ce qu’on a. »
C’est finalement ce qui résume le mieux sa vision : écouter les autres, oui, mais sans jamais cesser de s’écouter soi-même.