Être cheffe de famille monoparentale ne devrait pas coûter son ambition

Le 28 août, la première Université d’Été de la Monoparentalité réunira à Paris des familles, des entrepreneures, des entreprises et des responsables politiques. Une journée pour parler d’un sujet encore trop peu considéré : comment permettre aux cheffes de famille monoparentale de travailler, entreprendre, évoluer et souffler sans devoir tout sacrifier.

Si être cheffe de famille monoparentale, c’est gérer seule les devoirs, les rendez-vous médicaux ou les imprévus du quotidien… ce n’est pas tout.

Une formation ? Il faut trouver qui garde les enfants.
Une opportunité professionnelle ? Il faut pouvoir l’accepter.
Un projet entrepreneurial ? Il faut du temps pour le construire.
Une dépense imprévue ? Il faut pouvoir l’assumer seule.

Quand tout repose sur une personne, chaque choix a un coût.

En France, plus d’une famille sur quatre est monoparentale. Dans 82 % des cas, elle est portée par une femme. Près d’un tiers de ces familles vivent sous le seuil de pauvreté.

Pour ces femmes, l’enjeu est aussi de pouvoir préserver leur autonomie, leur carrière et leurs projets, sans que la monoparentalité ne transforme chaque nouvelle opportunité en obstacle à surmonter.

Et si on arrêtait de demander aux femmes de s’adapter ?

La monoparentalité est encore trop souvent abordée comme une addition de difficultés : emploi, garde d’enfants, logement, précarité, santé mentale.

Mais ces sujets sont liés.

Accepter une promotion peut nécessiter de revoir toute son organisation familiale. Se former peut impliquer de financer une garde supplémentaire. Et lorsqu’on entreprend, chaque heure disponible compte.

À force de devoir tout anticiper, certaines opportunités deviennent tout simplement plus difficiles à saisir.

C’est précisément ce que veut mettre sur la table la première Université d’Été de la Monoparentalité, organisée par l’association Moi & Mes Enfants.

Pas pour expliquer une nouvelle fois pourquoi les mères solos sont vulnérables. Pour réfléchir à ce qui leur permettrait de l’être moins.

Trois leviers pour reprendre du pouvoir

Le 28 août, les échanges s’articuleront autour de trois grands thèmes.

L’argent.

Comment construire une justice économique qui tienne compte de la réalité des familles monoparentales ? Fiscalité, ressources, pensions alimentaires, dépenses imprévues : l’indépendance passe aussi par là.

Le travail.

Comment permettre à une cheffe de famille monoparentale de se former, changer de métier, évoluer, entreprendre ou saisir une opportunité sans que la garde des enfants devienne un frein ?

Le temps.

Parce que l’autonomie, ce n’est pas seulement avoir suffisamment d’argent. C’est aussi avoir suffisamment de temps pour travailler, réfléchir, se former, créer, prendre soin de soi.

Le répit n’est pas un luxe. C’est une condition pour tenir dans la durée.

Faire émerger des solutions, pas seulement des constats

La journée réunira notamment Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ; Bérangère Couillard, présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes ; Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes ; Fanta Berete, ancienne députée et adjointe au DGA RH chez France Travail ; Colombe Brossel, sénatrice de Paris ; et Hélène Samier, directrice Assurance Inclusive chez AXA France.

À leurs côtés, des chercheur·ses, entreprises, associations, élu·es et familles concernées.

Au programme : tables rondes, ateliers de production, forum des solutions, échanges avec les élu·es, podcast en public et ciné-débat.

L’objectif : faire émerger 12 recommandations concrètes, qui seront rassemblées dans un Livre blanc et destinées à nourrir le débat public jusqu’en 2027.

Autrement dit : ne plus seulement parler des femmes qui doivent tout gérer. Commencer à construire un environnement dans lequel elles peuvent aussi choisir, évoluer et réussir.

Parce qu’une cheffe de famille monoparentale ne devrait pas avoir à choisir

Choisir entre son enfant et son travail. Entre son salaire et son temps. Entre une promotion et une organisation familiale tenable. Entre son projet et sa santé.

La monoparentalité ne devrait pas être une assignation à renoncer.

Et c’est en cela que cette première Université d’Été est intéressante : réunir celles qui vivent ces réalités avec celles et ceux qui peuvent faire évoluer les règles, pour déplacer la question.

Non plus : « Comment ces femmes peuvent-elles réussir à tout gérer ? »

Mais plutôt : « Que faut-il changer pour qu’elles n’aient plus à tout porter seules ? »

📍 Université Paris Cité – Odéon, Paris 6e
📅 Vendredi 28 août 2026
🎟️ Entrée gratuite sur inscription

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