Si vous aimez les bijoux qui racontent des histoires sans en faire des tonnes, vous allez adorer Alexandra Margnat. Derrière ses créations à la fois élégantes et pleines de caractère, il y a une femme qui a toujours su suivre son instinct. Alexandra n’a pas pris le chemin tout tracé des écoles de design. Elle a commencé dans le marketing, a traversé les hauts et les bas d’une première entreprise, avant de se lancer pour de bon dans la joaillerie. Ses inspirations ? Les couleurs qui claquent, l’architecture, les designers, et ce petit truc indéfinissable qui fait qu’un bijou devient un coup de cœur. Ses collections respirent la liberté, le mouvement et une féminité assumée. Elle ne cherche pas à suivre les tendances, elle préfère créer des pièces qui traversent les années — comme celles qu’on a envie de piquer à nos mères, ou de transmettre un jour. Et c’est peut-être ça, son vrai superpouvoir : savoir capter l’air du temps tout en dessinant des bijoux qui restent.
Comment as-tu trouvé l’idée de ton entreprise et comment l’as-tu validée au début ?
Je me suis toujours lancée sans trop me poser de questions. Au départ, je vendais des espaces publicitaires sur des sites web en étant payée uniquement à la commission. En fait, dès le départ, j’avais l’esprit entrepreneurial ! Puis, j’ai intégré une société de services informatiques au début du grand boom des années 90, où j’étais chargée de marketing. C’était un tout nouveau métier, on créait en même temps qu’on faisait et j’ai adoré. Quand l’entreprise a fermé, j’ai décidé de créer ma propre société pour continuer l’aventure avec les clients que j’avais déjà. Et puis, j’ai commencé à fabriquer des bijoux fantaisie et des amies ont voulu les acheter. Et puis d’autres amies. Et encore d’autres. Et puis j’ai créé ma marque qui a eu beaucoup de succès très vite. Il y a quelques années, j’ai dû fermer cette entreprise à cause d’un pépin de santé. Je l’ai relancée en octobre.
Quelles ont été les premières étapes concrètes pour te lancer ?
La première fois, c’est parti très spontanément, presque sans planification. La deuxième fois, j’ai pris mon temps : j’ai mûri le projet pendant deux ans. J’ai fait énormément de recherches sur les nouveaux outils marketing et les leviers pour développer ma société. Cette fois-là, je me suis imposée de réaliser un business plan et un deck de présentation. C’était essentiel pour structurer mes idées et éviter les erreurs du passé.
As-tu une méthode pour stimuler ta créativité ?
Je puise mon inspiration partout : les couleurs, les formes, l’architecture, les designers… Je me nourris beaucoup d’images. C’est un truc de designer en fait. On n’invente rien, on adapte. En fait, je ne suis jamais en panne d’inspiration, mais parfois, j’en ai trop et je dois me structurer. Quand je crée une collection, je prends toujours 3 à 4 semaines pour bien poser les idées.

Y a-t-il un rituel, une activité ou un lieu particulier où tu trouves tes meilleures idées ?
La nuit est mon moment le plus créatif. C’est calme, propice à la réflexion, et cela me permet de mieux me connecter à mon imagination.
L’outil qui t’a été le plus utile ?
Mon Mac, sans hésiter. Je fais tout dessus. Je suis une vraie nerd ! Et puis, mon nuancier Pantone est aussi un indispensable quand je travaille sur mes collections pour trouver la teinte parfaite.
Quand tu débutes un projet, comment structures-tu ta journée ou ta semaine pour rester focus sur les tâches essentielles ?
Aucune journée ne se ressemble. Mon bureau et mon showroom sont chez moi, donc je commence directement depuis mon espace de travail. Chaque matin, je mets à jour ma to-do list pour prioriser les tâches.
Quelles routines mets-tu en place pour ne pas te laisser submerger par les aspects administratifs ou les imprévus ?
Je reste flexible, mais j’essaie toujours de garder un œil sur les tâches les plus urgentes. Et je m’oblige à réserver des plages horaires dédiées aux aspects administratifs pour éviter qu’ils ne s’accumulent.

Entreprendre, c’est aussi gérer des crises. Quel a été ton plus grand échec ou obstacle, et comment l’as-tu surmonté ?
Lors de mon premier projet, le manque de moyens financiers a été le plus gros obstacle. J’avais énormément d’idées, mais peu de trésorerie pour les réaliser, ce qui créait beaucoup de frustration. J’ai appris à poser les choses à plat et à m’entourer de personnes compétentes, notamment en comptabilité, pour m’aider à sortir la tête de l’eau.
Quelles habitudes as-tu développées pour rester calme et motivée en période de stress ou de doute ?
Je pars du principe qu’il y a toujours une solution à chaque problème. Il faut juste savoir la trouver. J’évite d’agir à chaud : « le premier qui s’énerve perd la face », c’est un mantra que j’applique souvent. Et surtout, je sais que je n’ai pas toutes les réponses seule. M’entourer, échanger et débriefer sont essentiels pour avancer.
Si tu as des moments de « down », comment les gères-tu ?
Avec le temps, j’ai appris à m’écouter. Si c’est un petit coup de mou, je me remets au travail et ça passe. Mais si c’est un vrai coup dur, je prends une journée de pause pour souffler et me recentrer.

Comment équilibres-tu tes ambitions professionnelles avec ta vie personnelle, et quelles routines t’aident à éviter le burn-out ?
Il faut savoir décrocher du boulot. J’ai appris à poser des limites, à ne pas toujours répondre en temps réel et à préserver des moments pour mes proches, mes enfants. C’est vital pour garder le cap.
As-tu une pratique ou un rituel quotidien qui t’aide à rester centrée et à maintenir un équilibre ?
Je ne suis pas la meilleure élève quand il s’agit de me « ressourcer » (rires). Mais je m’oblige à aller au sport le lundi matin. Ça donne le ton pour la semaine, même si j’en souffre un peu à chaque fois.
Qu’est-ce qui te motive à continuer à grandir et à innover ?
J’adore ce que je fais. Partir d’une simple idée et la voir prendre vie, c’est quelque chose de magique. Je suis perfectionniste, alors je suis toujours à la recherche de nouvelles histoires à raconter à travers mes collections. La haute joaillerie m’inspire beaucoup : les techniques sont incroyables et m’aident à repousser mes propres limites créatives.

Quelles routines ou habitudes aimerais-tu transmettre à la prochaine génération d’entrepreneuses ?
Avant de se lancer, je conseille de travailler chez d’autres pour acquérir de l’expérience. Monter une boîte, c’est faire des erreurs, et elles peuvent coûter cher. Il faut être rigoureuse, garder une certaine régularité dans le travail et surtout, ne pas se décourager. Se tromper, c’est normal : c’est ce qui fait grandir. Et surtout, ne restez pas seules. Échanger avec d’autres, que ce soit dans le même secteur ou non, est toujours enrichissant. On est plus forts à plusieurs.
C’est quoi ta plus grande fierté ?
Personnellement, ce sont mes filles. Professionnellement, je pense ne pas encore avoir atteint ma plus grande fierté. Mais quand je repense à mes débuts, où je ne savais même pas fabriquer un bijou, et que je vois aujourd’hui mes collections… je ne peux pas m’empêcher d’en être fière.