Rencontre avec Steffie Condoris, fondatrice des Semi-marathons des exceptions

C’est parfois difficile de trouver sa place dans le monde du sport lorsqu’on ne correspond pas aux standards établis. C’est ce qu’a découvert Steffie et c’est pour cela qu’elle a décidé de bousculer les règles du running traditionnel en organisant des semi-marathons inclusifs. Pourquoi inclusifs ? Parce que Steffie refuse de laisser les limitations de temps et les standards élitistes décourager ceux qui souhaitent se dépasser à leur rythme. Rencontre avec une boss qui ne va pas se laisser faire par le statu quo. 

Comment en es-tu arrivée à organiser des semi-marathons inclusifs ?

Tout a commencé par une frustration. En 2021, j’ai participé au 20 km de Paris et j’étais super fière d’avoir franchi la ligne d’arrivée. Dans la foulée, je me suis dit que le semi-marathon serait mon prochain défi. Mais en consultant les règlements des courses, j’ai découvert que le temps maximum pour terminer un semi était de trois heures. Ça m’a interpellée : pourquoi fixer une limite aussi stricte ? J’ai alors réalisé que cette règle excluait de fait beaucoup de gens. Même si on veut encourager les gens à courir, ces barrières peuvent être un frein pour ceux qui, comme moi, ne rentrent pas dans le moule du coureur « standard ».

À ce moment-là, ça a vraiment fait tilt dans ma tête. J’allais fêter mes 30 ans en avril 2022, et j’ai eu l’idée d’organiser un semi-marathon avec mes amis pour célébrer l’événement. Ce serait une course où tout le monde pourrait participer à son rythme, sans être mis de côté à cause d’une limite de temps arbitraire. C’était ma façon de dire : « Je vais faire du sport à ma manière, et ceux qui veulent me suivre sont les bienvenus. » C’était un petit événement privé au début, mais les retours ont été tellement positifs que j’ai décidé de recommencer. C’est là que j’ai compris que je pouvais aller plus loin et transformer ce projet en quelque chose de plus grand.

Et c’est à ce moment-là que tu as voulu structurer le projet en une association ? 

J’ai commencé par partager ma frustration sur Instagram, en parlant de cette absurdité des règles de course qui dissuadent les gens de se lancer. Et quand j’ai annoncé l’organisation de mon premier semi-marathon inclusif, les réactions ont été encourageantes. Pour l’édition suivante, j’ai opté pour le thème « pulls moches de Noël » – une manière amusante de rassembler tout le monde autour d’un événement festif. De là, le projet a pris une nouvelle dimension. Ce n’était plus seulement un anniversaire sportif, mais une cause pour l’inclusivité dans le sport. C’est incroyable de voir à quel point les gens peuvent se mobiliser quand on leur propose une alternative plus ouverte.

Organiser ces semi-marathons, c’est pas simple. Comment arrives-tu à concilier cette activité avec ton job d’ergonome ?

Ça me demande du temps, c’est sûr, mais je trouve ça thérapeutique. Pour certains, le running ou la méditation sont des exutoires. Pour moi, c’est l’organisation de ces courses. Quand je ressens du stress ou que je suis un peu déprimée, je me plonge dans la planification des parcours ou des prochains événements, et ça me calme. Je fais ça sur mon temps libre, mais le fait de voir les participants motivés et de sentir leur soutien rend l’effort complètement gratifiant.

Aujourd’hui, es-tu encore seule à gérer le projet ou travailles-tu avec une équipe ?

Pour l’instant, je gère la majorité de l’organisation, mais je ne suis pas complètement seule. À chaque édition, il y a toujours des participants qui s’investissent plus que d’autres et m’aident. Par exemple, une participante qui lance une marque de vêtements grande taille m’a beaucoup soutenue pour la dernière course en fournissant des goodies et en prenant des photos. Mon objectif est de créer une association pour structurer le projet, et je cherche à m’entourer de deux ou trois personnes de confiance pour m’accompagner dans cette aventure.

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